Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à RTL le 1er avril 2021, sur les contaminations à l'école et la fermeture des écoles pour trois semaines pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

Intervenant(s) :

Prononcé le

Texte intégral

ALBA VENTURA
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Alba VENTURA.

ALBA VENTURA
Vous êtes celui qui a sans doute le plus milité pour que les écoles restent ouvertes, en tout cas vous l'avez dit de nombreuses fois publiquement, pour vous la fermeture c'était l'ultime recours. Vous avez dû abdiquer. C'est un désaveu ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, pas du tout, c'est la solution de raison, c'est-à-dire une solution d'équilibre. Nous savions bien qu'il fallait prendre des mesures de dernier ressort pour faire face à cette nouvelle vague de l'épidémie, et l'école en faisait partie. Néanmoins nous avons vraiment sauvé l'essentiel, d'abord en faisant en sorte que le temps de pause soit surtout du temps de vacances, tel que prévu, c'est-à-dire les deux semaines des vacances de printemps, même si nous faisons évoluer les dates pour deux zones, et puis pour ceux qui restent, il y a l'enseignement à distance, donc l'objectif pour moi c'était d'abord une année scolaire pleinement réussie, si vous voulez, d'avoir été en classe déjà de septembre à fin mars, c'est essentiel et fondamental, et deuxièmement de ne pas créer une rupture trop forte, et donc là on a une forme de petite parenthèse, je dis bien petite, au mois d'avril, pour ensuite reprendre de plus bel, et donc avec tout ce que nous avons fait, l'élève français, au monde, sera l'un de ceux qui aura eu l'année scolaire 2020/21 la moins anormale possible, la plus continue et si possible sans décrochage, ce qui je le rappelle est une exception dans le monde et à laquelle il faut tenir plus que tout.

ALBA VENTURA
On va revenir dans les détails. Vous expliquez qu'il n'y avait pas plus de contaminations à l'école qu'ailleurs, pas plus que sur le lieu de travail ou pas plus qu'en famille, mais pas moins quand même. Vous avez nié l'évidence, Jean-Michel BLANQUER ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, pas du tout, je dis toujours la même chose, d'ailleurs le président de la République l'a rappelé hier dans son allocution, vous avez beaucoup de gens qui ont énormément insisté sur la contamination à l'école, les chiffres sont assez clairs, même s'il y a des études parfois un peu contradictoires, mais en gros il n'y a pas plus de contaminations, enfin, il y a moins de contaminations de la part des enfants des écoles primaires, et puis ça s'accentue un peu…

ALBA VENTURA
Après, au collège et au lycée, forcément.

JEAN-MICHEL BLANQUER
… avec l'âge et au collège et au lycée… Oui, mais toute la question est toujours de savoir que font les collégiens et les lycéens quand ils ne sont pas au collège et au lycée. Donc je ne vais pas rentrer dans les détails techniques…

ALBA VENTURA
Eh bien si, il faut le faire parfois.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je peux le faire. En gros, si vous voulez, ce qui a été montré c'est qu'il y avait effectivement une part de contamination supplémentaire quand on avait un enfant chez soi, de l'âge d'un collégien ou de l'âge d'un lycéen. Je dis bien de l'âge d'un collégien ou de l'âge d'un lycéen. Qu'en est-il d'un collégien qui ne serait pas au collège en quelque sorte ? Enfin, c'est, autrement dit c'est le fait d'avoir un adolescent chez vous qui fait cela, Mais ce qui est important c'est aussi les interactions sociales de votre enfant ou de votre adolescent, et donc c'est ce qui est touché par les mesures que nous prenons.

ALBA VENTURA
Vous prenez mal ce collectif de Stylos rouges, d'enseignants qui a porté plainte contre vous pour mise en danger de la vie d'autrui, qui dit : « Le ministre BLANQUER est notre BOLSONARO à nous », en référence au président brésilien qui minimise le virus ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais ce qui est excessif et dérisoire, chacun le comprend, quand vous êtes en train de vous battre contre quelque chose de très grave, on est dans une situation qui a été comparée à une guerre, et à certains égards c'est bien cela, il y a des gens qui ont envie de vous poignarder dans le dos quand vous faites ça, on est obligé de savoir que ça existe, et de vivre avec ça, mais c'est évidemment lamentable.

ALBA VENTURA
Et on a envie, quand même, on a perdu du temps, Jean-Michel BLANQUER, je recevais hier Antoine FLAHAULT, épidémiologiste, si on avait confiné plus tôt, si on avait confiné il y a deux mois, au moment où les scientifiques mettaient la pression, on aurait pu freiner la circulation du virus, on se dit qu'on est allé jusqu'au point de rupture en fait.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, bien sûr que non, et je ne suis pas sûr qu'il faille passer l'essentiel de notre temps à commenter les points…

ALBA VENTURA
Bien sûr.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais si on regarde ce point, puisque vous m'interrogez là-dessus, lorsque le président de la République a pris cette décision, les prévisions au nom desquelles on voulait lui faire prendre la décision inverse, ne se sont pas vérifiées, et il a eu bien raison, et c'est grâce à lui que nous avons eu un mois de février et un mois de mars à peu près normal, contrairement à nos voisins allemands ou italiens qui ont fait beaucoup plus de confinements, avec des résultats en matière de contamination qui sont loin d'être meilleurs que les nôtres au global. Donc, si vous voulez, il faut quand même regarder un peu ce qui se passe en dehors de nos frontières, se rendre compte que c'était justement la bonne décision, que nous avons voulu justement que les enfants n'aient pas une année scolaire interrompue…

ALBA VENTURA
L'école, priorité absolue, pour vous.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, dans une année scolaire, du 1er septembre au 30 mars, c'est absolument fondamental, et donc ce que l'on a déjà réussi est un acquis qui ne sera jamais perdu, et qui est essentiel, et pour moi, les enfants, les adolescents, doivent être priorité absolue, et nous avons donc trouvé un chemin d'équilibre, évidemment tous les inconvénients créés par la situation ils ne nous plaisent pas, ça va de soi, mais face à la contrainte, nous avons pris je pense les mesures qu'il fallait.

ALBA VENTURA
Jean-Michel BLANQUER, donc à partir de la semaine prochaine c'est un mois d'avril partagé entre école à distance et vacances. Les écoles vont fermer trois semaines, les collèges et lycées quatre semaines, sachant que tout le monde sera en vacances du 12 avril au 25 avril. La semaine prochaine il va y avoir quatre jours de cours à distance pour les collèges et les lycées, trois jours pour les primaires parce qu'il y a le mercredi, et puis il y a aussi le lundi de Pâques, il n'aurait pas été plus simple de décréter trois semaines de vacances ? C'est ce que proposait notamment Valérie PECRESSE, la présidente de la région Ile-de-France.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Le sujet a été débattu, mais que recherchons-nous ? Nous recherchons premièrement à ce que les enfants aient de la continuité pédagogique, donc qu'ils ne perdent pas de temps scolaire, et donc évidemment l'enseignement à distance de ce point de vue-là est meilleur que les vacances. Deuxièmement, on recherche à diminuer les interactions sociales, à faire en sorte très clairement que les enfants restent chez eux, et leurs parents avec, avec tout ce que cela suppose de contraintes, on le sait bien, mais c'est donc ce qui se passe avec l'enseignement à distance. Donc cet enseignement à distance a une double vertu par rapport à la formule des vacances…

ALBA VENTURA
Comment vous allez l'organiser cette continuité pédagogique, parce qu'on se dit que…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Et je redis ce que j'ai dit il y a déjà plusieurs jours par rapport à cette proposition sur les vacances, les vacances ça n'a de sens que si on fait quand même attention aux interactions sociales pendant les vacances, et donc, c'est pourquoi ça renvoie…

ALBA VENTURA
Pardon, mais on n'est pas dans un confinement strict, c'est-à-dire qu'entre 06h00 et 19h00, les ados, ils peuvent vivre leur vie.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est pour ça que c'est un système que le président de la République a qualifié de responsable, c'est-à-dire que…et je le dis pour tous ceux…

ALBA VENTURA
Et on est responsable à 16 ans ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Les familles le sont aussi bien sûr et c'est nous tous, et je peux vous dire que je parle souvent avec les élèves, et y compris de moins de 16 ans, qui ont un grand sens des responsabilités, parfois supérieur à celui des adultes, donc tout dépend de chacun, mais nous avons… justement, c'était une des vertus de garder l'école ouverte, le fait de passer sans arrêt des messages éducatifs aux élèves, qui ont très bien compris les enjeux de l'épidémie. Après, il y a des exceptions à ce que je dis, évidemment, mais pour l'essentiel, le message de responsabilité que l'on doit passer à tous, c'est : oui, c'est les vacances, ces vacances d'ailleurs on organisera notamment pour les élèves les plus défavorisés, des activités de plein-air, avec des protocoles sanitaires stricts, mais pour tenir compte du besoin d'air qu'il y a actuellement.

ALBA VENTURA
Justement, alors on va parler de continuité pédagogique, donc les cours vont se faire dès la semaine prochaine à distance. En visio notamment ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr, il y a, disons deux grandes dimensions de ce que nous avons à faire, il y en a d'autres aussi, mais les deux premières c'est d'abord assurer ce que nous appelons la continuité pédagogique à partir de mardi, puisque comme vous l'avez dit il y a le lundi de Pâques dans l'intervalle…

ALBA VENTURA
Et mercredi pour les petits en primaire, notamment.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Exactement, donc assurer cette continuité pédagogique la semaine prochaine, il y a maintenant des habitudes qui ont été prises depuis un an, il y a des ressources qui sont très importantes, que chacun peut voir, il y a le système…

ALBA VENTURA
Vous pensez que pour trois jours, il n'y a pas des enseignants qui vont le dire : oh, je ne vais pas le faire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, parce qu'il y a des habitudes qui sont prises. Par exemple les professeurs de lycée y sont déjà habitués puisqu'ils sont en mode hybride pour beaucoup d'entre eux depuis déjà plusieurs semaines, en collège cela arrive aussi, ils s'y sont habitués pendant la période 2020 de confinement. Donc il y a maintenant des réflexes professionnels si je puis dire. C'est évidemment plus difficile pour l'école primaire et surtout pour les plus jeunes de l'école primaire. Mais néanmoins, de l'enseignement à distance est préparé, avec des ressources qui sont très importantes, je le dis pour tout le monde, ce que je dis est vrai pour les professeurs mais aussi pour les familles, c'est-à-dire vous avez d'abord « Ma classe à la maison, du CNED, auquel on peut avoir recours. Vous avez ce qu'on appelle Lumni, que nous avons conçu avec la télévision, qui permet d'avoir, il y a plus de 800 cours enregistrés, correspondant aux différents niveaux scolaires, vous avez aussi notre site qui s'appelle Eduscol, vous avez eu des formations pour les professeurs, notamment des formations à distance de la part de notre opérateur Canopé tous ces derniers mois. Tout cela fait qu'il y a de la ressource pour cela, il y a aussi du matériel informatique qui a été distribué.

ALBA VENTURA
Et pour ceux qui n'ont pas d'ordinateur, de Wifi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors justement, depuis un an nous avons continué, en lien avec les collectivités locales, à avoir des opérations de prêt ou de don de matériel informatique vis-à-vis des familles, en particulier les plus démunies, et donc même dans cette dernière ligne droite, les trous qui peuvent continuer à exister, dans la raquette, doivent être comblés autant que possible, et c'est une des consignes que j'ai données aux recteurs.

ALBA VENTURA
Vous avez déjà estimé un nombre potentiel de décrocheurs, là, pendant la période qui arrive ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je compte bien qu'il n'y ait pas de décrocheurs. Je rappelle que l'an dernier nous avons in fine réussi à ce qu'il n'y ait pas de décrochage ? C'est pour ça qu'il ne faut pas sous-estimer les performances du système scolaire français l'an dernier. Nous sommes un des très rares pays qui en 2020 a eu moins de décrocheurs qu'en 2019, et pourtant rappelons-nous les débats de mai-juin où certains craignaient des centaines de milliers de décrocheurs, moi aussi d'ailleurs, on a tout fait pour prévenir ce problème. En septembre on a récupéré tous nos élèves. Il est évident que tout ce que nous avons fait là, c'est-à-dire maintenir l'école le plus possible et maintenant avoir un système quand même très très modéré, très équilibré, est fait aussi pour éviter le décrochage, et je pense qu'on va l'éviter.

ALBA VENTURA
Les centres de loisirs vont rester ouverts ? Les activités parascolaires, les stages, tout ce qui était prévu quoi.

JEAN-MICHEL BLANQUER
On va… Oui oui, alors, évidemment chaque situation est particulière, il va y avoir un certain nombre de précisions qui vont être données aux acteurs au cours des prochaines 48 heures, mais en tout cas ce que nous visons c'est notamment que pendant la période de vacances, et notamment en milieu urbain, il puisse y avoir des activités de plein air, organisées pour les enfants et les adolescents, de façon à ce qu'ils puissent tout simplement avoir quand même des vacances et qu'ils ne soient pas dans des activités où ils ne respectent pas les règles sanitaires.

ALBA VENTURA
Pour les parents, comment vont-ils faire ? Si aucun des deux parents ne peut garder les enfants, par exemple ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, vous le savez, on a un remis en place avec la ministre du Travail depuis hier une prolongation des possibilités de d'activité à temps partiel, donc l'un des deux parents peut se mettre en activité à temps partiel, et cela sans coût pour l'employeur, à partir du… Mais ce sera de toute façon sur des périodes très courtes, on parle de la semaine prochaine.

ALBA VENTURA
Et alors, la semaine prochaine vous accueillez bien les enfants des soignants notamment, et quels autres enfants, de quelle fonction essentielle ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, nous allons publier aujourd'hui même la liste des fonctions, mais c'est essentiellement les enfants de soignants, selon une méthode que nous avons déjà utilisée, je rappelle du 15 mars au 11 mai 2020, c'est-à-dire un système d'accueil avec des personnels dédiés qui peuvent être de l'Education nationale ou des collectivités locales, pour que les soignants soient déchargés de ce problème pendant qu'ils sont au service des Français.

ALBA VENTURA
Le retour à l'école, Jean-Michel BLANQUER, est prévu donc le 26 avril pour les maternelles et les primaires, en présentiel, ce sera à distance pour les collèges et les lycées, et en présentiel à partir du 3 mai, c'est un peu le casse-tête, mais…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non non non, ça peut être dit en termes très simples. Je vais dire la même chose que vous en termes simples…

ALBA VENTURA
Merci.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Le 26 avril, tous les enfants d'écoles primaires rentrent, et le 2 mai tous ceux de l'enseignement secondaire, mais le 26 avril ceux de l'enseignement secondaire sont à distance.

ALBA VENTURA
Pourquoi les petits rentrent avant ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, pour plusieurs raisons. D'abord on sait qu'ils sont plus sensibles que les plus grands, à trop longtemps sans école, donc leur présence physique est encore plus importante, pour les raisons que j'ai dites tout à l'heure, l'enseignement à distance se fait plus facilement pour les collégiens et les lycéens, donc c'est la raison fondamentale. Par ailleurs c'est vrai qu'ils sont moins contaminants aussi, donc c'est une raison de plus pour qu'ils commencent.

ALBA VENTURA
Alors, on va faire rentrer des profs pas vaccinés ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, comme le président de la République l'a dit à partir du mois d'avril, va s'amorcer le premier mouvement de vaccination des professeurs. Là aussi il y aura un système de priorisation. Alors je rappelle que déjà les professeurs de plus de 50 ans, avec comorbidité, comme l'ensemble de la population générale, de plus de 50 ans avec comorbidité, peuvent être vaccinés. Ensuite, nous allons…

ALBA VENTURA
Vous avez vu l'initiative de Rachida DATI à Paris, qui a emmené avec elle les maires de droite ? Ils récupèrent les doses restantes et ils font vacciner les professeurs. Ça c'est une bonne idée ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, l'intention je la comprends, et ce qu'il faut c'est qu'on fasse les choses en bon ordre, et je suis évidemment à la disposition des collectivités locales et en lien évidemment avec le ministère de la Santé pour ce qu'il y aura à s'organiser, mais ce qui est important sur ces sujets, c'est de faire les choses dans l'ordre qui convient, puisque ce qui peut paraitre être une bonne idée à une petite échelle, en réalité peut être contre-productif à grande échelle. Ce qui est important c'est, encore une fois, c'est que ce soit organisé rationnellement, il y aura donc des priorisations pour les enseignants, je pense notamment aux professeurs qui sont au contact des élèves en situation de handicap, c'est vrai aussi de ceux qu'on appelle les AESH, les accompagnants. Ils feront partie des premières cohortes. Et puis progressivement, par critères, la vaccination pour les 1,1 million salariés de l'Education nationale, mais aussi nous pensons à ceux des collectivités locales qui travaillent dans en établissement scolaire, donc tout ceci va se passer selon un certain ordre, alors même que la politique vaccinale de la France se déploie, je rappelle qu'on va atteindre l'objectif…

ALBA VENTURA
Donc mi-avril quoi.

JEAN-MICHEL BLANQUER
On va atteindre l'objectif de 10 millions de vaccinés mi-avril, on aura… et donc c'est à ce moment-là que s'enclenchera en effet ce que je viens de dire…

ALBA VENTURA
Pour les professeurs.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a, ensuite ce sera autour de 20 millions à la mi-mai, 30 millions à la mi-juin, on est en ligne pour ce déploiement.

ALBA VENTURA
Jean-Michel BLANQUER, si la pression ne baisse pas, est-ce que vous envisagez une semaine de plus de fermeture des écoles ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je préfère, je vais éviter de prononcer la phrase qui sera reprise ensuite pour dire, pour laisser imaginer une chose pareille…

ALBA VENTURA
Non mais vous vous projetez quand même.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr, on envisage toujours tous les scénarios, toujours, mais y compris la fermeture. Depuis toujours on l'envisage, donc on n'exclut rien. Donc à toute question de ce type que vous me poserez, je répondrai oui, mais bien entendu ce n'est pas l'hypothèse privilégiée, que chacun doit comprendre, ce que nous avons visé c'est encore une fois 2 semaines de vacances en avril, comme prévu, et puis un peu d'enseignement à distance de chaque côté des vacances, si je puis dire. Mais c'est, cette situation doit nous permettre de passer le mois d'avril, je crois que le président de la République a bien passé le message hier soir, c'est en quelque sorte faire le dos rond, passer le Cap Horn au mois d'avril pour ensuite mieux ouvrir vers le bout du tunnel à partir du début du mois de mai.

ALBA VENTURA
Question rapide, réponse rapide, Jean-Michel BLANQUER, une question qui n'a rien à voir avec la crise sanitaire. Dire comme Audrey PULVAR, la candidate socialiste à la région Ile-de-France, que l'on peut demander à un blanc de se taire ou de rester spectateur dans une réunion non-mixte, c'est maladroit ou c'est une faute grave ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est les deux, c'est lamentable tout simplement.

ALBA VENTURA
Merci Jean-Michel BLANQUER.

YVES CALVI
L'élève français sera l'un de ceux qui aura bénéficié de l'année scolaire la plus normale et la plus longue au monde vient de nous dire le ministre de l'Education nationale.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 avril 2021