Interview de Mme Michelle Demessine, secrétaire d'Etat au tourisme, à France 2 le 2 juillet 1999, sur les départs en vacances d'été, la croissance du tourisme étranger, la campagne destinée à améliorer leur accueil en France, la mise en place d'un "Classement Tourisme" garantissant la qualité dans les restaurants et sa politique en faveur du tourisme social.

Texte intégral

Q - Au-delà de l'émotion à la suite de la chute du téléphérique du pic de Bure, il y a aussi un peu d'inquiétude parce qu'il y a pas mal d'équipements de cet ordre en France. Est-ce qu'on sait à peu près ce qui s'est passé ? Est-ce qu'on a l'assurance que les autres équipements de ce type présentent une sécurité nécessaire ?

- "Tout d'abord, ma première pensée va vers la douleur effroyable des familles devant un drame terrible. Pour ce qui concerne la sécurité, en général, de ces transports en montagne, elle est souvent très bien assurée puisque jusqu'à présent il y a eu très peu d'accidents. Il y a eu un seul accident depuis dix ans sur plus de trois millions de remontées. Les conditions de maintenance et de sécurité sont extrêmement strictes. Maintenant, il va falloir attendre l'enquête pour voir ce qui s'est passé et prendre les mesures nécessaires de manière à rassurer tous ceux qui aujourd'hui s'interrogent."

Q - Les vacances d'été c'est, pour beaucoup de Français, ce week-end. Il y a   à peu près 60 % des Français qui partent en vacances.

- "Les grandes tendances se confirment. 60 % des Français s'apprêtent à partir en vacances d'été notamment. Les grandes tendances c'est surtout l'été, une grande majorité à la mer puisque près de la moitié iront à la mer. Mais la campagne se renforce. Plus de 50 % choisissent le tourisme rural, le tourisme vert. Les villes continuent aussi de progresser, avec le tourisme culturel. Et puis ensuite, on retrouve la montagne et les circuits."

Q - Les voyages à l'étranger, ça reste une minorité ?

- "Ça reste une minorité, mais ça progresse. Ça commence à progresser, mais les Français préfèrent la France en général, à 80 %."

Q - Les Français ne sont pas les seuls à préférer la France puisque nous sommes toujours le premier pays. Vous espérez que, cette année, on aura autant de visiteurs que l'an dernier, où l'effet Coupe du monde avait attiré beaucoup de monde ?

- "On est sur un secteur en croissance continue. D'ailleurs, bien au-delà de la croissance moyenne de l'économie. L'an dernier, nous avons reçu 71 millions de touristes. Ça se confirme avec les réservations. Je pense qu'on fera une aussi bonne année que la Coupe du monde, et peut-être meilleure puisque l'image de la  France à travers la Coupe du monde a énormément progressé dans le monde. Et aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les grandes régions - Paris, Côte d'Azur - qui sont connues, mais toutes les régions. Là, peut-être, on y verra encore un effet positif supplémentaire.

Q - Vous allez refaire une campagne pour l'accueil des étrangers ? On dit parfois que les Français ont le sang chaud, ne sont pas toujours aussi accueillants qu'ils pourraient l'être.

- "Je crois que ça progresse et nous renouvelons cette année bien sûr la campagne "Bonjour" qui entraîne tous les professionnels du tourisme dans une démarche d'accueil, de qualité. Cette année, je crois qu'il y aura plus de 70 000 contrats qui seront signés, de plus en plus, et avec le retour que nous avons, ça s'améliore nettement."

Q - La démarche d'accueil, de qualité, se retrouve aussi dans une petite révolution puisque vous changez le classement des restaurants qui date de 1962.

- "Oui, jusqu'à présent, il n'existait pas réellement de moyens pour être assuré de la qualité de l'accueil et de ce qu'on mange dans un restaurant."

Q - Il y avait les étoiles !

- "Oui, mais qui ne correspondaient pas vraiment à grand-chose. Ce que l'on vient de mettre en place, avec la profession de la restauration, C'est un "Classement Tourisme" qui assurera le consommateur d'une qualité d'accueil et aussi une qualité de professionnalisme. Il sera assuré que, dans la cuisine, il i y a quelqu'un qui a un diplôme ou une expérience professionnelle, et en plus, qui utilise des produits essentiellement frais."

Q - Mais il y a une seule catégorie ?

- "C'est une catégorie de plus. C'est le "Classement Tourisme" avec au moins, les garanties minimum. Ensuite, il y aura un label qui s'appelle "Restaurateur de France" qui sera attribué par une association qui s'assurera, à travers une charte de qualité et de produits..."

Q - Il y aura un petit panneau sur la porte du restaurant ?

- "Voilà ! Il y aura un macaron qui expliquera, d'abord une plaque, où il sera marqué "Classement Tourisme" et ensuite un label "Restaurateur de France"."

Q - Vous avez voulu aussi insister cette année sur le loisir des handicapés. Vous considérez que leur départ en vacances n'est pas assez favorisé ?

- "Dans la politique sociale que je mène au sein de ce Gouvernement, la politique sociale du tourisme pour l'accès de tous aux vacances qui, notamment, avec le chèque-vacances, apportera un plus indispensable pour les salariés des petites et moyennes entreprises, j'ai aussi depuis deux ans, mené une campagne de sensibilisation pour les personnes handicapées sur les lieux de vacances. Là, je crois qu'il y avait d'énormes progrès à faire. Et je dois dire que, depuis deux ans, il y a une mobilisation réelle des professionnels du tourisme autour de cette accueil. Dernière mesure dont je voudrais aussi informer nos téléspectateurs, c'est en ce qui concerne les caravaniers. Cette année, nous avons voulu associer une mesure qui corresponde à une exigence de coût pour les caravanes qui payent plus que les autres au péage et une exigence de sécurité. A partir du 1er juillet, de manière expérimentale, les caravanes qui emprunteront les péages, les mardis, mercredis et jeudis, ne paieront que pour la voiture. De cette manière là, nous pourrons à la fois répondre à une exigence de coût et à une exigence de sécurité."