Déclaration de Mme Michelle Demessine, secrétaire d’État au tourisme, sur les accords-cadres emplois-jeunes dans le tourisme, Paris le 23 octobre 1997.

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Circonstance : Signature des accords - cadres "emplois-jeunes" dans le tourisme à Paris le 23 octobre 1997

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Les métiers du tourisme, parce qu’ils sont ouverts sur le monde, sur l’échange des cultures, sur l’amitié et la convivialité correspondent parfaitement aux aspirations et aux attentes des jeunes.

Les trois accords-cadres signés aujourd’hui dans le secteur du tourisme témoignent de sa diversité et de sa capacité de mobilisation pour l’emploi des jeunes.

Diversité : La Fédération nationale des offices de tourisme et syndicats d’initiatives avec ses 3 700 O.T.S.I., implantés dans des communes de toutes tailles, du village à la plus grande ville, ouvertes à toutes les formes de tourisme.

La Fédération nationale des pays d’accueil touristique qui regroupe 120 pays déterminés à faire du tourisme en espace rural, un secteur économique à part entière, un outil du développement local.

L’association « Ville d’eaux de France », qui rassemble dix-sept stations thermales décidées à promouvoir, en complément de leurs activités traditionnelles, leur potentiel touristique et culturel.

Capacité de mobilisation puisque l’application de ces trois premiers accords permettra de créer 2 000 emplois-jeunes.

D’autres accords sont en cours de négociation avec de nombreux autres acteurs du tourisme, qu’il s’agisse des fédérations d’associations ou d’organismes territoriaux du tourisme, ou d’association d’élus de communes touristiques. Les services de mon ministère sont mobilisés avec pour premier objectif l’émergence de mille projets sur le terrain. En effet, la particularité de mon secteur est de générer essentiellement une multitude de micro-projets. En plus de l’action pour l’emploi des jeunes, le plan est une opportunité puisqu’il peut constituer un effet de levier pour le développement touristique.

À titre d’exemple, 5 000 emplois touristiques dégagent une manne financière équivalente à 460 millions de francs pour les acteurs du tourisme public ou associatif. Je dois dire qu’il est particulièrement enthousiasmant de confier cette tâche de développement à la jeunesse. On a beaucoup trop parlé de petit boulot. On voit bien là qu’il s’agit d’une autre ambition.

Le programme « nouveaux services, nouveaux emplois » est donc une chance pour les jeunes et en même temps pour le tourisme. Il répond aux besoins de développement local et de resserrement des liens sociaux et familiaux.

En effet, le tourisme, pour se développer, a besoin de créer des activités nouvelles. À partir des enjeux de la croissance mondiale (qui va voir sa fréquentation touristique multipliée par deux ces dix prochaines années) ajoutée à une augmentation de la fréquentation intérieure (37 % des Français ne partent toujours pas en vacances) et avec la perspective de la réduction du temps de travail qui va dégager du temps pour les loisirs, le besoin d’activités nouvelles est pressant. Des activités nouvelles donc, pour mieux faire découvrir nos monuments, nos paysages, les métiers industriels ou artisanaux, nos traditions et nos cultures qui sont encore à découvrir. Et ce sont aussi de nouveaux besoins en matière de vacances pour organiser des animations sportives, culturelles, de loisirs et améliorer l’accueil et l’information des touristes.

Pour répondre aussi aux besoins d’accompagnement de personnes défavorisées ou handicapées, d’enfants ou de personnes âgées. Des métiers variés sont proposés, à tous niveaux de qualification, répondant à ces besoins. Les projets mis en œuvre proposeront de vrais métiers, durables et professionnalisables. Les accords-cadres permettront à ces projets locaux, qui dans le secteur du tourisme seront essentiellement des micro-projets, d’être fédérés et appuyés par le réseau des signataires. Les projets contribueront à la mise en œuvre de priorités du développement local.

Actuellement, la majorité de la fréquentation touristique n’est concentrée que sur 20 % de notre territoire :
    - le développement des secteurs fragilisés par la dispersion en zone rurale ou des difficultés économiques, et la mise en valeur du patrimoine insuffisamment exploité ;
    - la création d’un environnement économique et social favorable au développement du tourisme. Ils répondront à des besoins sociaux qui vont de pair avec le développement de l’activité touristique ;
    - l’accès de tous au droit aux vacances ;
    - l’emploi des jeunes, la lutte contre la précarité engendrée par la saisonnalité, le professionnalisme. Tels sont les espoirs dont je salue aujourd’hui la première concrétisation à travers les accords qui viennent d’être signés.