Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, sur la canicule, Paris le 18 juillet 2006.

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Circonstance : Déclaration sur la canicule à Paris le 18 juillet 2006

Texte intégral

Xavier Bertrand
Ministre de la Santé et des Solidarités
« Déclaration sur la Canicule »
Mardi 18 juillet 2006
Comme vous le savez, certains de nos départements connaissent depuis plusieurs jours maintenant des épisodes caniculaires. La durée de ces épisodes peuvent avoir, je vous le rappelle, des conséquences dramatiques, en particulier pour les personnes les plus fragiles comme les personnes âgées, les malades chroniques, les petits enfants, les sans abris...
Nous venons d'ailleurs d'apprendre avec tristesse le décès d'une personne âgée de 85 ans, souffrant d'une cardiopathie sévère hospitalisée au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux à la demande de sa famille. Une deuxième personne de 81 ans, souffrant de polypathologies, est également décédée à son domicile, probablement affaiblie par les fortes chaleurs.
Par ailleurs, certains hôpitaux relèvent un début de suractivité des passages aux services des urgences ( + 15 à 20 % dans les régions de l'Aquitaine, Midi Pyrénées, Pays de la Loire) et des appels au SAMU pour des hyperthermies, en particulier pour les personnes souffrant de difficultés respiratoires.
Aussi, je tiens à renouveler de manière particulièrement vive mon appel à la vigilance et à la solidarité.
J'invite donc chacun à respecter le plus scrupuleusement possible les recommandations sanitaires pour se protéger de la chaleur : boire très régulièrement, même en l'absence de sensation de soif, protéger son logement de la chaleur en fermant la journée et en ouvrant la nuit, éviter de sortir et d'avoir une activité physique aux heures les plus chaudes (11h-21h). J'invite également à veiller tout particulièrement aux personnes les plus vulnérables.
N'attendons pas pour être solidaire.
Si vous êtes une personne âgée : n'hésitez pas à demander de l'aide si vous en avez besoin.
Si vous faites partie de l'entourage d'une personne âgée, ayez le réflexe de passer un coup de fil, de passer voir une personne qui en aurait besoin.
Dans le cadre du Plan Canicule 2006, j'ai fait de la lutte contre l'isolement ma priorité. Acteurs institutionnels, associations, commerces de proximité, tous se mobilisent.
Par exemple, les boulangers, les gardiens d'immeubles ont reçu des affiches avec les 5 recommandations clés en cas de fortes chaleurs. Des communes comme celle de Gagny (Hauts de seine) se sont mobilisées ; j'ai ainsi pu suivre une équipe de portage de repas à domicile qui tout en rappelant aux personnes âgées les recommandations sanitaires, pouvaient les signaler en cas de fatigue inhabituelle.
Je rappelle qu'il existe aujourd'hui des registres dans les mairies pour que les personnes vulnérables puissent s'inscrire et bénéficier d'une attention toute particulière pendant l'été de la part des services sanitaires et sociaux. Il est toujours temps de s'inscrire.
De même, j'ai rappelé ce matin à toutes les directions régionales et départementales des affaires sociales, l'importance d'une vigilance maximale, notamment par la mise en oeuvre de maraudes vers les populations précaires, en ouvrant la nuit des centres d'accueil de jour.
Par ailleurs, les établissements accueillant des personnes âgées bénéficient désormais pour 96,5 % d'entre elles d'une pièce rafraîchie (contre 18 % en 2003).
Enfin, j'ai demandé jeudi dernier à toutes les agences régionales d'hospitalisation de signaler toute suractivité aux services d'urgence et toute augmentation significative des appels au SAMU.
Si tel était le cas, les directeurs d'hôpitaux concernés peuvent, en cas de besoin, ajouter des lits supplémentaires dans les services sollicités, déprogrammer des hospitalisations non urgentes, adapter les moyens humains par des renforts ponctuels, par la mobilisation des équipes de suppléance, le redéploiement des équipes d'hospitalisation de jour, le déplafonnement des heures supplémentaires, ...
17 millions d'euros ont été affectés cette année pour faire face aux besoins en recrutement en cas de canicule. Si cette somme n'était pas suffisante, bien évidemment, nous saurions faire face aux besoins.
Je demande à tous de maintenir la plus grande vigilance ; il se peut que les températures restent dans les jours qui viennent, à un niveau ne permettant pas aux organismes de récupérer.
Source http://www.sante.gouv.fr, le 25 juillet 2006