Interview de M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, à RTL le 18 juillet, sur les mesures mises en place dans le cadre du plan canicule.

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P. Antoine - Nous sommes en ligne ce matin avec X. Bertrand, le ministre de la Santé ; bonjour. Vous avez entendu le reportage réalisé à l'instant à Tours. Dans cette ville, on prend très au sérieux les risques encourus par les populations fragiles. Est-ce que trois ans après la canicule qui a fait plus de 15.000 morts en France, est- ce qu'on peut dire que cette mobilisation est générale partout en France ?
R - Oui, elle est générale, je crois que chacun a tiré les enseignements de ce qui s'est passé du drame de 2003. Ce sont tout d'abord les établissements de santé avec les services d'urgence pour lesquels les efforts importants ont été faits. On a modernisé les services qui en avait bien besoin, on a mis du personnel en plus - il y a 4.500 personnels en plus dans les urgences -. Et puis vous savez aussi dans les maisons de retraite, quasiment toutes les maisons de retraite aujourd'hui ont une pièce rafraîchie pour permettre aux pensionnaires de ces maisons de retraite de reposer l'organisme et de se rafraîchir. Mais le véritable enjeu et vous l'avez montré dans le reportage, c'est de lutter contre l'isolement. Quand il fait chaud, très chaud, jouer la carte de la prévention, c'est aller vers les personnes âgées, vers les personnes les plus vulnérables, tout simplement pour leur demander si elles ont besoin d'aide et pour leur rappeler des conseils simples, très simples comme de se protéger de la chaleur, de boire, de s'humidifier le corps. Ce sont ces conseils à la fois sanitaires et solidaires qui nous permettent justement de jouer la carte de la prévention.
Q - Est-ce qu'on peut rappeler pour finir le numéro vert de "Canicule info service" qui est à disposition évidemment de tous les Français ?
R - Oui, c'est le 0.821.22.23.00. Mais il est évident qu'au-delà même de ce numéro, une personne vulnérable, c'est bien sûr une personne âgée, une personne handicapée, une personne qui prend des médicaments et surtout les enfants en bas âge. Il ne faut pas hésiter à aller vers elles et leur demander si elles ont besoins de quelque chose et que ces personnes également n'hésitent pas à solliciter de l'aide. Le véritable enjeu, c'est de lutter contre l'isolement.
Q - Une dernière question, on sait que demain il va faire encore plus chaud. Est-ce qu'au jour d'aujourd'hui, vous avez comptabilisé des victimes de la canicule ?
R - Ecoutez, d'après les recensements que nous avons régulièrement, il n'est pas possible aujourd'hui de dire si une personne serait décédée en raison seulement de la déshydratation ou d'une hyperthermie. Nous sommes très attentifs aujourd'hui à ce qui peut se passer. Pendant longtemps, on avait un point quotidien. J'ai décidé effectivement depuis le renforcement de ces vagues de chaleur, que nous ayons un point deux fois par jour avec les services d'urgence ce qui nous permet de savoir quelle est l'activité et quelle pourrait être l'origine de disparitions. Mais une chose est certaine, encore une fois, avant d'arriver aux urgences, l'idée, c'est de se protéger au maximum de la chaleur. Il y a des départements, nous le savons, où les habitudes de vie font qu'on sait davantage vivre avec la chaleur. Dans le sud de la France, l'habitat n'est pas le même et puis surtout les réseaux de solidarité ne sont pas les mêmes. Il nous faut justement renforcer ces réseaux de solidarité partout comme vous l'avez montré dans ce reportage.Source : Premier ministre, Service d'information du Gouvernement, le 18 juillet 2006