Conférence de presse de M. Philippe Douste-Blazy, ministre de la santé et de la protection sociale, sur la mise en oeuvre du "Plan canicule", notamment les missions confiées aux maires et au milieu associatif, Paris le 18 juin 2004.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Circonstance : Présentation du "Paln canicule", par M. Douste-Blazy, ministre de la santé et de la protecion sociale, à Paris le 5 mai 2004

Texte intégral

Mesdames, Messieurs,
J'ai souhaité vous réunir pour la seconde fois depuis l'annonce du Plan Canicule, le 5 mai dernier, afin de réaliser, comme je m'y étais engagé auprès de vous, un nouveau point d'étape de l'application de ce Plan.
Vous savez l'importance que j'y attache.
Ce n'est pas par hasard si c'est en province, à Toulouse, au siège de Météo France où nous sommes accueillis par le Président Besson, que nous nous réunissons afin de manifester fortement l'implication de tous : administrations centrales, services déconcentrés, organismes techniques, collectivités locales, associations de solidarité...
Les évènements de l'été 2003 ont constitué pour le pays et pour le Ministère que je dirige un véritable traumatisme et nous nous devions, tous ensemble, de relever ce nouveau défi sanitaire et social.
La semaine dernière à Paris, j'ai eu l'occasion de présenter à vos collègues journalistes, un état d'avancement de l'application des principales mesures du Plan. Vous trouverez ce document mis à jour dans votre dossier.
J'ai en particulier fait un point, en toute transparence sur l'installation de pièces rafraîchies dans les maisons de retraite et dans les hôpitaux.
J'ai également fourni la carte de France de la programmation des fermetures de lits, région par région, cet été.
Ces documents sont bien évidemment à votre disposition.
Permettez-moi aujourd'hui d'insister sur un autre aspect du Plan : la solidarité auprès des personnes fragiles vivant à domicile.
Vous le savez, cette solidarité repose sur chacun d'entre nous, encore faut-il qu'elle soit organisée.
Deux acteurs majeurs de proximité jouent un rôle déterminant dans la mise en place du dispositif de solidarité que nous devons assurer : les mairies et les associations.
Concernant les Mairies :
Le Plan Canicule prévoit l'identification et le recensement des personnes fragiles susceptibles d'être concernées par une situation de fortes chaleurs (personnes âgées, personnes isolées, malades chroniques, handicapés,...).
La Loi "solidarité pour l'autonomie des personnes âgées" fixe le cadre juridique et pratique de ce recensement : constitution du fichier, détention, conditions d'exploitation et de protection effective des personnes.
Le Maire est au centre de ce dispositif, à la fois par sa bonne connaissance de ses administrés, la disponibilités des services sociaux et sanitaires de la commune et sa proximité avec les réseaux associatifs susceptibles d'être déclenchés lors des niveaux 2 et 3 du Plan Canicule.
Le Maire peut informer par tout moyen utile les personnes âgées et handicapées isolées et/ou à risque vivant à domicile, de la constitution d'un fichier permettant de vérifier leurs besoins d'aide, de soutien, de visite ou de secours, en cas de déclenchement des niveaux 2 et 3 du Plan.
Le Maire peut aussi inviter les personnes concernées qui souhaiteraient se faire connaître auprès de la mairie, en communiquant leurs données nominatives permettant de les identifier et des les joindre.
Les communes peuvent procéder à ce recueil à la demande de tiers (parents, professionnels de santé, services sociaux ou associations) si la personne concernée est informée et ne s'y oppose pas, selon la formule retenue après concertation avec la CNIL.
Ce travail de recensement réalisé, il convient de s'assurer que le Maire dispose des moyens d'agir auprès de ces personnes, en particulier en faisant appel aux réseaux associatifs mais aussi à une solidarité de proximité.
Une Convention-cadre "Associations-Collectivités locales"
J'ai souhaité que la Direction Générale de l'Action Sociale élabore une Convention-cadre pouvant servir de charte type à la relation entre une association locale et une municipalité dans le cadre du déclenchement des niveaux 2 et 3 du Plan Canicule.
Cette convention-cadre facilite le repérage des bénévoles par les maires et les associations et l'organisation du dispositif de solidarité de voisinage. Elle facilite aussi la relation, accélère les procédures et précise les conditions d'engagement des bénévoles, les services rendus par le milieu associatif et attendus par les mairies.
Elle sécurise les partenaires en conférant un cadre juridique à leur relation.
Mais les associations elles mêmes doivent pouvoir compter sur des engagements individuels plus nombreux, aussi avons nous prévu un dispositif qui permet à chaque citoyen de faire connaître sa disponibilité.
Un dispositif d'incitation à l'engagement et au Bénévolat
Permettre à la solidarité envers les plus démunis et à la solidarité intergénérationnelle de s'exprimer, tels sont les objectifs des mesures devant permettre aux associations de recruter davantage de bénévoles, de disposer de contacts locaux, de les encadrer et de les intégrer dans des programmes qu'elles gèrent elles-mêmes ou en collaboration avec des collectivités locales.
Une plate-forme de recrutement de bénévoles au travers de l'outil Internet est mise en place avec la collaboration de France-Bénévolat, et je salue son Président Jean Bastide, qui dispose d'un masque de saisie de la proposition, d'une grille d'évaluation des capacités et de la motivation de la personne et de la possibilité de ventiler les candidats vers les associations disposant d'un réseau implanté localement (Secours Populaire, Secours Catholique, Croix-Rouge, Emmaus)
Nous devons imaginer toutes les situations, par exemple celle de la petite ville ou de la ville moyenne qui ne dispose pas d'une présence associative suffisante. Le Maire doit pouvoir s'appuyer sur un réseau de repérages de situations critiques et faire jouer la solidarité intergénérationnelle autant que possible.
Une solidarité de proximité de tous les instants :
Je renouvelle mon appel à l'engagement de tous envers les plus fragiles de nos compatriotes et en particulier nos aînés.
C'est pourquoi, j'ai souhaité soutenir l'initiative de l'association "vivre entre voisins" qui lance un concept "voisin-tuteur" permettant d'assurer une surveillance de voisinage dans les immeubles et ainsi d'installer un maillage de la ville grâce à ces personnes qui se seront faites connaître au préalable, en Mairie. Prendre le relais des familles, veiller sur les personnes isolées, se mettre en situation d'alerter les secours si l'on constate un problème dans son immeuble, tels sont les objectifs de ce dispositif léger mais efficace et à coûts quasi nuls.
Très proche de l'idée "d'immeuble-solidaire" cher au Président d'Emmaus France, Martin Hirsch, que je remercie pour sa présence parmi nous, j'ai pensé que la multiplication des initiatives émanant du terrain favoriserait la prise en charge de situations variées, parfois complexes et auxquelles un dispositif unique ne peut répondre.
Voici les principaux points que je souhaitais vous présenter aujourd'hui, en demeurant à votre disposition pour répondre à vos questions.


(Source http://www.sante.gouv.fr, le 22 juin 2004)